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NEWS d'ailleurs - NPA

NPA


Interview d’Adrien, CGT Schindler  Voir ?

« Il y a d’un côté les “premiers de corvée”, ceux qui font tourner la boutique, et de l’autre les chefs, les directeurs. Ceux-là étaient confinés et ça fonctionne très bien sans eux. »

« Se mettre à bosser maintenant 60 heures par semaine pour satisfaire les actionnaires, c’est pas une vie, manifestement autre chose est possible et ça n'a pas été l’apocalypse !»

Adrien, CGT Schindler (ascenseurs)

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Interview d’Adrien, CGT Schindler  Voir ?

« Il y a d’un côté les “premiers de corvée”, ceux qui font tourner la boutique, et de l’autre les chefs, les directeurs. Ceux-là étaient confinés et ça fonctionne très bien sans eux. »

« Se mettre à bosser maintenant 60 heures par semaine pour satisfaire les actionnaires, c’est pas une vie, manifestement autre chose est possible et ça n'a pas été l’apocalypse !»

Adrien, CGT Schindler (ascenseurs)

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(28/05/2020 16h49)

(27/05/2020 23h02)

Automobile : un plan à huit milliards d’euros qui autorise la fermeture d’usines  Voir ?

Macron a confirmé mardi 26 mai son plan à huit milliards d’euros tel qu’il était distillé depuis plusieurs jours par ses communicants. Il en a seulement rajouté dans l’esbroufe, et a laissé libre Renault de mettre en application les fermetures d’usine envisagées. Il ne laisse d’autre issue que la mobilisation contre sa politique.

Pour planter le décor, Macron a prononcé son discours depuis une usine Valéo qui n’a jamais cessé ses activités de production même au sommet de l’épidémie. Quel signal ! Les hôpitaux manquaient de masque, Valéo s’en procurait pour pouvoir continuer à exporter et il est félicité ! 
Alors que des menaces précises visent quatre autres usines de Renault1, Macron demande à Renault de garantir l’emploi dans… les usines de Douai et de Maubeuge. Bref, il donne son feu vert à Renault.

Effets d’annonce et effets d’aubaine

« Qu’aucun modèle produit en France ne quitte le territoire » a demandé Macron. Demande inutile pour Renault puisque avec l’extinction programmée des modèles Scénic, Espace et plus tard Mégane, aucune voiture particulière Renault à essence ou diesel ne sera plus produite en France. 

Objectif un million de voitures électriques produites en France, annonce Macron. Soit la moitié des voitures vendues en France aujourd’hui. Même en rajoutant les techniques hybrides, ce chiffre est énorme et n’est étayé par aucun travail sérieux. Ce faisant, Macron rejoint les prévisions d’il y a dix ans du bateleur Ghosn qui avaient été complètement démenties par les faits. Les mêmes qui s’ébahissent devant l’audace de Macron avaient applaudi à celle de Ghosn.

Relancer les ventes de voitures à coup de primes à la casse n’est que la répétition d'une politique initiée il y a près de trente ans par un certain Balladur. Bonjour la nouveauté ! On en connaît les résultats : un effet d’aubaine pour les plus riches. 

La nouveauté « verte », ce sont les subventions augmentées pour l’achat de véhicules électriques. Outre le fait que les véhicules électriques sont tout autant polluants que ceux à essence sur toute leur durée de vie jusqu’au traitement des déchets, l’achat d’une voiture électrique est le privilège des plus riches. 32 000 euros est le prix d’une voiture « moyenne » comme la Renault Zoe. Avec une prime de 6 000 euros financée par les impôts de touTEs, la voiture coûte 26 000 euros. Ce système de primes est un fantastique mécanisme de redistribution vers les plus riches…

Le discours et la politique de Macron n’offrent comme perspective qu’un tout-automobile polluant encore plus inégalitaire et toujours fauteur de suppressions d’emplois.

Blog NPA auto-critique

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Automobile : un plan à huit milliards d’euros qui autorise la fermeture d’usines  Voir ?

Macron a confirmé mardi 26 mai son plan à huit milliards d’euros tel qu’il était distillé depuis plusieurs jours par ses communicants. Il en a seulement rajouté dans l’esbroufe, et a laissé libre Renault de mettre en application les fermetures d’usine envisagées. Il ne laisse d’autre issue que la mobilisation contre sa politique.

Pour planter le décor, Macron a prononcé son discours depuis une usine Valéo qui n’a jamais cessé ses activités de production même au sommet de l’épidémie. Quel signal ! Les hôpitaux manquaient de masque, Valéo s’en procurait pour pouvoir continuer à exporter et il est félicité ! 
Alors que des menaces précises visent quatre autres usines de Renault1, Macron demande à Renault de garantir l’emploi dans… les usines de Douai et de Maubeuge. Bref, il donne son feu vert à Renault.

Effets d’annonce et effets d’aubaine

« Qu’aucun modèle produit en France ne quitte le territoire » a demandé Macron. Demande inutile pour Renault puisque avec l’extinction programmée des modèles Scénic, Espace et plus tard Mégane, aucune voiture particulière Renault à essence ou diesel ne sera plus produite en France. 

Objectif un million de voitures électriques produites en France, annonce Macron. Soit la moitié des voitures vendues en France aujourd’hui. Même en rajoutant les techniques hybrides, ce chiffre est énorme et n’est étayé par aucun travail sérieux. Ce faisant, Macron rejoint les prévisions d’il y a dix ans du bateleur Ghosn qui avaient été complètement démenties par les faits. Les mêmes qui s’ébahissent devant l’audace de Macron avaient applaudi à celle de Ghosn.

Relancer les ventes de voitures à coup de primes à la casse n’est que la répétition d'une politique initiée il y a près de trente ans par un certain Balladur. Bonjour la nouveauté ! On en connaît les résultats : un effet d’aubaine pour les plus riches. 

La nouveauté « verte », ce sont les subventions augmentées pour l’achat de véhicules électriques. Outre le fait que les véhicules électriques sont tout autant polluants que ceux à essence sur toute leur durée de vie jusqu’au traitement des déchets, l’achat d’une voiture électrique est le privilège des plus riches. 32 000 euros est le prix d’une voiture « moyenne » comme la Renault Zoe. Avec une prime de 6 000 euros financée par les impôts de touTEs, la voiture coûte 26 000 euros. Ce système de primes est un fantastique mécanisme de redistribution vers les plus riches…

Le discours et la politique de Macron n’offrent comme perspective qu’un tout-automobile polluant encore plus inégalitaire et toujours fauteur de suppressions d’emplois.

Blog NPA auto-critique

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(27/05/2020 15h46)

La préfecture du 66 interdit la marche des solidarités et tout rassemblement de plus de 10 personnes  Voir ?

À travers tout le pays, plus de 200 organisations et 300 personnalités appellent à une journée d’actions le samedi 30 mai : « Ces exigences de justice et d’égalité sont aussi d’impérieuses nécessités sanitaires hors desquelles tous les discours contre la propagation du coronavirus sont vains. »

À Perpignan, suite à la déclaration de rassemblement faite par le Comité de soutien aux sans-papiers 66, la préfecture des Pyrénées-Orientales a interdit « tout rassemblement, réunion ou autre activité à un titre autre que professionnel, sur la voie publique ou dans un lieu public, mettant en présence de manière simultanée plus de dix personnes… » Dans le même temps, tout « rassemblement » de plus de dix personnes sur les lieux de travail ou les centres commerciaux est autorisé ! Business et profit obligent !

La riposte unitaire contre ce déni de démocratie s’organise en défense du droit d’expression et de mobilisation et des libertés individuelles et collectives.

(Perpignan, le 26 mai 2020)

Nous reproduisons ci-dessous l’appel national de la Marche des Solidarités

Foyers, CRA, Sans-papiers : Des mesures immédiates contre la bombe sanitaire !

Dans les foyers surpeuplés et abandonnés, aucune distanciation physique n’est possible. Le virus risque de se propager sans frein. C’est aussi le cas dans les centres de rétention, et à cela s’ajoutent la violence répressive et l’angoisse. Pour les migrantEs à la rue, c’est la faim, l’insécurité sociale et sanitaire.

Ajoutons à cela que les sans-papiers sont sans droits, sans revenus et sans espoir d’accès aux allocations proposées par l’Etat. Pour elles et pour eux, il n’y a pas d’accès gratuit aux soins et pas d’autre possibilité pour survivre que de chercher des moyens de subsistance.

Pour ces populations la crise sanitaire actuelle est en train de devenir une véritable bombe sanitaire. Pour elles-mêmes et eux-mêmes abandonnéEs à la menace du virus mais aussi pour toute la société.

La seule solution pour désamorcer cette bombe, sauver celles et ceux qui sont menacéEs et protéger ainsi toute la société, c’est la mise en place immédiate des mesures suivantes :

  • Tests systématiques effectués dans les foyers, officiels ou non, par des organismes indépendants de la préfecture et des gestionnaires assurant confiance et confidentialité pour les concernéEs avec leur accord
  • Isolement des personnes contaminées dans des lieux décents en concertation avec les collectifs de sans-papiers et de résidents ou associations choisies par les concernéEs
  • Distribution massive de masques, gants et de gels dans les foyers
  • Fermeture immédiate des Centres de rétention administrative (CRA)

- Ouverture immédiate de lieux sans condition de papiers et de revenus pour permettre un hébergement et une vie collective respectant la distanciation physique.

  • Suspension des loyers pendant toute la durée de confinement (mars, avril et mai) et apurement des loyers impayés
  • Régularisation inconditionnelle de touTEs les sans-papiers avec droit aux revenus sociaux, droit aux mesures de chômage partiel pour celles et ceux qui travaillaient et accès gratuit à la santé.

Ces exigences, hier de justice et d’égalité, sont aussi aujourd’hui d’impérieuses nécessités sanitaires hors desquelles tous les discours contre la propagation du coronavirus sont vains.

Les appels à imiter la mesure de régularisation adoptée par le Portugal vont dans le bon sens. Mais il est indispensable pour que cette mesure soit efficace qu’elle s’applique, sans conditions, à touTEs les Sans-Papiers et MigrantEs.

Nous soutiendrons à cette fin toutes les actions décidées par les résidents des foyers, les personnes retenuEs dans les CRA et les sans-papiers et migrantEs pour défendre leur droit à vie qui est aussi notre droit à la vie.

Nous appelons à participer aux initiatives qui seront prises le 1er mai à l’occasion de la Journée Internationale des travailleurs et travailleuses et à y porter ces revendications.

Nous appelons à une journée de manifestations le samedi 30 mai selon des modalités tenant compte de la situation et des mesures de distanciation physique.

NPA 66

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La préfecture du 66 interdit la marche des solidarités et tout rassemblement de plus de 10 personnes  Voir ?

À travers tout le pays, plus de 200 organisations et 300 personnalités appellent à une journée d’actions le samedi 30 mai : « Ces exigences de justice et d’égalité sont aussi d’impérieuses nécessités sanitaires hors desquelles tous les discours contre la propagation du coronavirus sont vains. »

À Perpignan, suite à la déclaration de rassemblement faite par le Comité de soutien aux sans-papiers 66, la préfecture des Pyrénées-Orientales a interdit « tout rassemblement, réunion ou autre activité à un titre autre que professionnel, sur la voie publique ou dans un lieu public, mettant en présence de manière simultanée plus de dix personnes… » Dans le même temps, tout « rassemblement » de plus de dix personnes sur les lieux de travail ou les centres commerciaux est autorisé ! Business et profit obligent !

La riposte unitaire contre ce déni de démocratie s’organise en défense du droit d’expression et de mobilisation et des libertés individuelles et collectives.

(Perpignan, le 26 mai 2020)

Nous reproduisons ci-dessous l’appel national de la Marche des Solidarités

Foyers, CRA, Sans-papiers : Des mesures immédiates contre la bombe sanitaire !

Dans les foyers surpeuplés et abandonnés, aucune distanciation physique n’est possible. Le virus risque de se propager sans frein. C’est aussi le cas dans les centres de rétention, et à cela s’ajoutent la violence répressive et l’angoisse. Pour les migrantEs à la rue, c’est la faim, l’insécurité sociale et sanitaire.

Ajoutons à cela que les sans-papiers sont sans droits, sans revenus et sans espoir d’accès aux allocations proposées par l’Etat. Pour elles et pour eux, il n’y a pas d’accès gratuit aux soins et pas d’autre possibilité pour survivre que de chercher des moyens de subsistance.

Pour ces populations la crise sanitaire actuelle est en train de devenir une véritable bombe sanitaire. Pour elles-mêmes et eux-mêmes abandonnéEs à la menace du virus mais aussi pour toute la société.

La seule solution pour désamorcer cette bombe, sauver celles et ceux qui sont menacéEs et protéger ainsi toute la société, c’est la mise en place immédiate des mesures suivantes :

  • Tests systématiques effectués dans les foyers, officiels ou non, par des organismes indépendants de la préfecture et des gestionnaires assurant confiance et confidentialité pour les concernéEs avec leur accord
  • Isolement des personnes contaminées dans des lieux décents en concertation avec les collectifs de sans-papiers et de résidents ou associations choisies par les concernéEs
  • Distribution massive de masques, gants et de gels dans les foyers
  • Fermeture immédiate des Centres de rétention administrative (CRA)

- Ouverture immédiate de lieux sans condition de papiers et de revenus pour permettre un hébergement et une vie collective respectant la distanciation physique.

  • Suspension des loyers pendant toute la durée de confinement (mars, avril et mai) et apurement des loyers impayés
  • Régularisation inconditionnelle de touTEs les sans-papiers avec droit aux revenus sociaux, droit aux mesures de chômage partiel pour celles et ceux qui travaillaient et accès gratuit à la santé.

Ces exigences, hier de justice et d’égalité, sont aussi aujourd’hui d’impérieuses nécessités sanitaires hors desquelles tous les discours contre la propagation du coronavirus sont vains.

Les appels à imiter la mesure de régularisation adoptée par le Portugal vont dans le bon sens. Mais il est indispensable pour que cette mesure soit efficace qu’elle s’applique, sans conditions, à touTEs les Sans-Papiers et MigrantEs.

Nous soutiendrons à cette fin toutes les actions décidées par les résidents des foyers, les personnes retenuEs dans les CRA et les sans-papiers et migrantEs pour défendre leur droit à vie qui est aussi notre droit à la vie.

Nous appelons à participer aux initiatives qui seront prises le 1er mai à l’occasion de la Journée Internationale des travailleurs et travailleuses et à y porter ces revendications.

Nous appelons à une journée de manifestations le samedi 30 mai selon des modalités tenant compte de la situation et des mesures de distanciation physique.

NPA 66

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(27/05/2020 12h03)

La crise des loyers est devant nous  Voir ?

Le temps passe et il ne se passe rien sur le front des loyers. Ou plutôt : ce qui était prévisible se réalise. Le recouvrement des loyers de l’échéance d’avril, après celle de mars, confirme l’augmentation des impayés. Elle est dans une fourchette de 10 à 25 % selon les bailleurs. Et on peut s’attendre à ce qu’il en soit ainsi pour les échéances de mai et juin.

Face à une situation brutale de chute des ressources, beaucoup de locataires sont contraints de choisir entre le loyer ou se nourrir, et certainEs parmi elles et eux n’ont pas eu d’autre choix que de recourir aux distributions solidaires. Le choix est vite fait.

Inaction gouvernementale

Face à cette situation, le gouvernement ne réagit pas. Il laisse les bailleurs se débrouiller. L’USH (le regroupement des bailleurs publics et privés) a signé une charte, qui n’a pas force de loi, avec des associations de locataires qui se sont montrées pour le coup bien irresponsables de se prêter à cette manœuvre. Cette charte ne propose, à côté des vœux pieux tels le renforcement du Fonds de solidarité logement (FSL), le retour sur la réforme des APL ou le report de la trêve hivernale, que l’étalement de la dette sur le reste de l’année... ce qui n’est pas du tout au niveau de la situation. Les bailleurs font semblant d’exiger du gouvernement des mesures sociales mais en fait leur préoccupation essentielle c’est de s’assurer, d’une façon ou d’une autre, que les loyers soient payés par les locataires.

La crise des loyers est bien là et, en l’absence de réponse gouvernementale, les bailleurs ont des réponses très disparates. Cela va de la suppression du loyer du mois d’avril pour l’OPH de Bobigny (qui reste à confirmer) à l’aménagement des appels de charges chauffage (Paris Habitat), voire le remboursement de l’excédent versé en charges quand il y en a. Et globalement ils proposent la discussion individuelle avec les locataires pour négocier l’étalement de leur dette, pour ceux qui sont sensibles aux difficultés qu’ils et elles connaissent. Jusqu’à l’indifférence totale comme pour des bailleurs tel Logirep ou les 3F qui ne s’expriment pas et exigent leurs loyers comme si de rien n’était.

En contrepoint se pose la date de la fin de la trêve hivernale, toujours fixée par le gouvernement au 10 juillet. Si la ville de Paris a décidé du report de la trêve jusqu’en mars 2020 pour ses trois bailleurs sociaux, pour tous les autres il n’y a rien de changé. Là aussi l’absence de décision du gouvernement laisse les locataires à la merci du bon vouloir de tel ou tel bailleur. Rien n’empêche d’ores et déjà la reprise des procédures judiciaires et cela fait craindre pour les mois d’été une vague d’expulsions locatives.

Pour le moment les mobilisations difficiles des locataires dans le contexte de confinement (pétitions, banderole, appels...) n’ont pas permis de forcer le gouvernement à réglementer sur l’allègement des loyers. La mobilisation continue pour rendre visible cette revendication, urgente, avec la certitude que la crise des loyers est devant nous.

JMB

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La crise des loyers est devant nous  Voir ?

Le temps passe et il ne se passe rien sur le front des loyers. Ou plutôt : ce qui était prévisible se réalise. Le recouvrement des loyers de l’échéance d’avril, après celle de mars, confirme l’augmentation des impayés. Elle est dans une fourchette de 10 à 25 % selon les bailleurs. Et on peut s’attendre à ce qu’il en soit ainsi pour les échéances de mai et juin.

Face à une situation brutale de chute des ressources, beaucoup de locataires sont contraints de choisir entre le loyer ou se nourrir, et certainEs parmi elles et eux n’ont pas eu d’autre choix que de recourir aux distributions solidaires. Le choix est vite fait.

Inaction gouvernementale

Face à cette situation, le gouvernement ne réagit pas. Il laisse les bailleurs se débrouiller. L’USH (le regroupement des bailleurs publics et privés) a signé une charte, qui n’a pas force de loi, avec des associations de locataires qui se sont montrées pour le coup bien irresponsables de se prêter à cette manœuvre. Cette charte ne propose, à côté des vœux pieux tels le renforcement du Fonds de solidarité logement (FSL), le retour sur la réforme des APL ou le report de la trêve hivernale, que l’étalement de la dette sur le reste de l’année... ce qui n’est pas du tout au niveau de la situation. Les bailleurs font semblant d’exiger du gouvernement des mesures sociales mais en fait leur préoccupation essentielle c’est de s’assurer, d’une façon ou d’une autre, que les loyers soient payés par les locataires.

La crise des loyers est bien là et, en l’absence de réponse gouvernementale, les bailleurs ont des réponses très disparates. Cela va de la suppression du loyer du mois d’avril pour l’OPH de Bobigny (qui reste à confirmer) à l’aménagement des appels de charges chauffage (Paris Habitat), voire le remboursement de l’excédent versé en charges quand il y en a. Et globalement ils proposent la discussion individuelle avec les locataires pour négocier l’étalement de leur dette, pour ceux qui sont sensibles aux difficultés qu’ils et elles connaissent. Jusqu’à l’indifférence totale comme pour des bailleurs tel Logirep ou les 3F qui ne s’expriment pas et exigent leurs loyers comme si de rien n’était.

En contrepoint se pose la date de la fin de la trêve hivernale, toujours fixée par le gouvernement au 10 juillet. Si la ville de Paris a décidé du report de la trêve jusqu’en mars 2020 pour ses trois bailleurs sociaux, pour tous les autres il n’y a rien de changé. Là aussi l’absence de décision du gouvernement laisse les locataires à la merci du bon vouloir de tel ou tel bailleur. Rien n’empêche d’ores et déjà la reprise des procédures judiciaires et cela fait craindre pour les mois d’été une vague d’expulsions locatives.

Pour le moment les mobilisations difficiles des locataires dans le contexte de confinement (pétitions, banderole, appels...) n’ont pas permis de forcer le gouvernement à réglementer sur l’allègement des loyers. La mobilisation continue pour rendre visible cette revendication, urgente, avec la certitude que la crise des loyers est devant nous.

JMB

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(27/05/2020 09h39)

Prendre (enfin) le vélo au sérieux !  Voir ?

Le temps du vélo serait-il venu ? Nous ne reviendrons pas sur l’importance du vélo comme solution de transport, ni sur la prise de conscience due à la crise sanitaire et aux grèves des transports. Nous ne suspecterons même pas toutes celles et ceux qui font des déclarations fracassantes de sacrifier à des effets de mode. Mais nous voulons aborder quelques aspects « techniques », « stratégiques » et « politiques » incontournables, selon nous, pour que tout ceci ne soit pas qu’un simple écran de fumée.

On le sait d’expérience, le gros défaut de la plupart des plans vélo dans les villes, c’est l’incohérence, génératrice de danger. TouTEs les cyclistes urbains connaissent les pistes peintes qui se terminent, pour le maigre flot des téméraires à vélo, au milieu d’un rond point, ou sur un rétrécissement de la chaussée. Souvent, elles s’arrêtent là où il aurait fallu construire une passerelle, tracer une chaussée spécifique, bref un peu plus que le coût d’un pot de peinture ! Si, comme promises, les « coronapistes » doivent être l’occasion de tester des itinéraires, de recenser les besoins de construction, de les faire évoluer afin de les pérenniser, elles devront éviter ces travers. Quant à la campagne, tout reste à faire, ou presque.

Le vélo… pour la vie !

Pour que ça change vraiment, les déplacements à vélo doivent être conçus comme une des alternatives à l’auto, en particulier pour les trajets courts et moyens : aller de chez soi au boulot ou sur son lieu d’étude, faire les courses… et pour cela les combiner avec les transports publics gratuits de qualité. En zone rurale, permettre d’accéder à vélo à des navettes qui rejoindront des plateformes de bus.

Prendre en compte que nombre de cyclistes sont des travailleurEs, c’est comprendre que le vélo n’est pas seulement pour la promenade du dimanche. Cela suppose de répondre à deux défis majeurs. D’abord, il faut que les pistes cyclables « aillent quelque part » (une école, un hôpital, une administration, une entreprise), qu’elles s’insèrent dans un plan de déplacement cohérent. Ensuite, il faut qu’à chaque étape de ces trajets, des équipements (prévus par la loi, pas laissés à la bonne volonté des décideurs ou des patrons) soient aménagés : des garages au pied des immeubles, devant les gares, dans les centres-villes, dans les zones commerciales et industrielles. Le versement transport peut en assurer une bonne partie du financement.

Pédaler, se mobiliser !

Pour que les travailleurEs aillent travailler en articulant vélo et transports en commun, il faut des droits du travail adaptés au vélo : prise en charge des frais de déplacement (le décret du 9 mai 2020 instaure le « forfait mobilité durable », mais facultatif pour les patrons !), prise en compte du temps de trajet sur le temps de travail, aménagement d’espaces dans l’entreprise pour garer son vélo (parkings couverts et sûrs) et pour le matériel (capes de pluie, sacoches), des vestiaires avec douches. Pour cela, il appartient aux travailleurEs et aux syndicats d’intégrer ces exigences dans leurs revendications. Le mouvement ouvrier doit porter les alternatives au tout-bagnole !

Pédaler, décider !

Enfin, il en est du vélo comme des transports publics, la parole des usagerEs est presque toujours ignorée... ce qui impose de s’en remettre aux quelques « décideurs » cyclistes, donc au hasard ! Là encore, comme pour les transports gratuits que nous revendiquons, qui mieux que les travailleurEs d’une zone industrielle pour savoir où tracer les pistes adaptées ? Qui mieux que les étudiantEs d’un campus pour décider des équipements nécessaires ? Qui mieux que les habitantEs d’une cité pour décider de la place des vélos au pied des immeubles ? Qui mieux que les habitantEs d’un village pour prévoir les aménagements nécessaires à leurs déplacements ? Alors oui, une des conditions d’un vélo « pas que pour les bobos », c’est plus de démocratie sociale !

Commission nationale écologie

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Prendre (enfin) le vélo au sérieux !  Voir ?

Le temps du vélo serait-il venu ? Nous ne reviendrons pas sur l’importance du vélo comme solution de transport, ni sur la prise de conscience due à la crise sanitaire et aux grèves des transports. Nous ne suspecterons même pas toutes celles et ceux qui font des déclarations fracassantes de sacrifier à des effets de mode. Mais nous voulons aborder quelques aspects « techniques », « stratégiques » et « politiques » incontournables, selon nous, pour que tout ceci ne soit pas qu’un simple écran de fumée.

On le sait d’expérience, le gros défaut de la plupart des plans vélo dans les villes, c’est l’incohérence, génératrice de danger. TouTEs les cyclistes urbains connaissent les pistes peintes qui se terminent, pour le maigre flot des téméraires à vélo, au milieu d’un rond point, ou sur un rétrécissement de la chaussée. Souvent, elles s’arrêtent là où il aurait fallu construire une passerelle, tracer une chaussée spécifique, bref un peu plus que le coût d’un pot de peinture ! Si, comme promises, les « coronapistes » doivent être l’occasion de tester des itinéraires, de recenser les besoins de construction, de les faire évoluer afin de les pérenniser, elles devront éviter ces travers. Quant à la campagne, tout reste à faire, ou presque.

Le vélo… pour la vie !

Pour que ça change vraiment, les déplacements à vélo doivent être conçus comme une des alternatives à l’auto, en particulier pour les trajets courts et moyens : aller de chez soi au boulot ou sur son lieu d’étude, faire les courses… et pour cela les combiner avec les transports publics gratuits de qualité. En zone rurale, permettre d’accéder à vélo à des navettes qui rejoindront des plateformes de bus.

Prendre en compte que nombre de cyclistes sont des travailleurEs, c’est comprendre que le vélo n’est pas seulement pour la promenade du dimanche. Cela suppose de répondre à deux défis majeurs. D’abord, il faut que les pistes cyclables « aillent quelque part » (une école, un hôpital, une administration, une entreprise), qu’elles s’insèrent dans un plan de déplacement cohérent. Ensuite, il faut qu’à chaque étape de ces trajets, des équipements (prévus par la loi, pas laissés à la bonne volonté des décideurs ou des patrons) soient aménagés : des garages au pied des immeubles, devant les gares, dans les centres-villes, dans les zones commerciales et industrielles. Le versement transport peut en assurer une bonne partie du financement.

Pédaler, se mobiliser !

Pour que les travailleurEs aillent travailler en articulant vélo et transports en commun, il faut des droits du travail adaptés au vélo : prise en charge des frais de déplacement (le décret du 9 mai 2020 instaure le « forfait mobilité durable », mais facultatif pour les patrons !), prise en compte du temps de trajet sur le temps de travail, aménagement d’espaces dans l’entreprise pour garer son vélo (parkings couverts et sûrs) et pour le matériel (capes de pluie, sacoches), des vestiaires avec douches. Pour cela, il appartient aux travailleurEs et aux syndicats d’intégrer ces exigences dans leurs revendications. Le mouvement ouvrier doit porter les alternatives au tout-bagnole !

Pédaler, décider !

Enfin, il en est du vélo comme des transports publics, la parole des usagerEs est presque toujours ignorée... ce qui impose de s’en remettre aux quelques « décideurs » cyclistes, donc au hasard ! Là encore, comme pour les transports gratuits que nous revendiquons, qui mieux que les travailleurEs d’une zone industrielle pour savoir où tracer les pistes adaptées ? Qui mieux que les étudiantEs d’un campus pour décider des équipements nécessaires ? Qui mieux que les habitantEs d’une cité pour décider de la place des vélos au pied des immeubles ? Qui mieux que les habitantEs d’un village pour prévoir les aménagements nécessaires à leurs déplacements ? Alors oui, une des conditions d’un vélo « pas que pour les bobos », c’est plus de démocratie sociale !

Commission nationale écologie

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(27/05/2020 09h33)

Tout licenciement est de la responsabilité du patronat  Voir ?

Une vague énorme de suppressions d’emplois et de licenciements est devant nous. Cette vague a commencé à frapper les USA où, en quelques semaines le taux de chômage est grimpé à 20 %. Certes le chômage a commencé à augmenter en France, mais il est encore camouflé par le chômage partiel dont le gouvernement annonce la limitation.

Le patronat va se sentir autorisé à licencier, d’autant que les milliards d’aides publiques qui sont déversées ne sont pas assortis de conditions pour le maintien de l’emploi. Parfois, les difficultés économiques auront bon dos : certains groupes vont se lancer dans une espèce de meccano pour se restructurer et élaguer des établissements.

Des suppressions d’emplois sous des formes diverses

Les licenciements dits économiques (notamment au regard des PSE – les plans dits sociaux – et autres catégories juridiques) ne constituent qu’une minorité des suppressions d’emplois. Celles-ci vont aussi prendre la forme de fins de CDD et de compressions des effectifs d’intérim. Il y aura aussi des ruptures conventionnelles.

Les formes des suppressions d’emplois peuvent rendre plus ou moins faciles les mobilisations. De plus, malgré les remises en cause des lois travail, il subsiste un écart important entre grandes entreprises et petites. Une bonne partie des suppressions d’emplois auront lieu dans des entreprises où il n’y a pas de syndicats, qui ne sont pas obligées de faire des plans sociaux et, qui, dans le contexte de crise, pourront connaître des difficultés réelles. Nombre de ces entreprises (dans l’industrie, le bâtiment, les services informatiques, le nettoyage…) sont dépendantes des grands donneurs d’ordres.

C’est dans ces conditions difficiles que, dans les entreprises, vont s’engager des luttes pour le maintien des emplois. Le mot d’ordre d’interdiction des licenciements correspond à cette situation où patronat et gouvernement vont faire des salariéEs les variables d’ajustement de la crise.

La nécessité d’une réponse d’ensemble

Les dégâts sociaux engendrés par les licenciements et suppressions d’emplois appellent de la part du mouvement ouvrier, politique, syndical, associatif, la formulation d’une réponse d’ensemble qui soit à même de prendre en compte la totalité des cas, y compris les licenciements individuels dans les petites entreprises. Deux idées sont essentielles.

Première idée : il n’y a aucune raison que les salariéEs pâtissent de choix de gestion dont ils et elles ne sont nullement responsables. Après tout, ce sont les employeurs qui dirigent les entreprises, et c’est le système de profit et de concurrence qui conduit aux ­restructurations et aux destructions d’emplois.
Seconde idée : si la question ne peut être traitée au niveau de l’entreprise, il faut néanmoins que ce ne soit pas les salariéEs qui subissent les conséquences.

Tout engagement de procédure de licenciement, toute suppression d’emplois doit s’accompagner de l’ouverture des « livres de comptes », de la comptabilité, aux représentantEs des salariéEs ou aux organes d’auto-organisation dont ils seront dotés. Livres de comptes du groupe en France et hors des frontières, et pas seulement de l’établissement où doivent avoir lieu les licenciements. À partir de là, deux cas de figure : soit le groupe ou l’entreprise peut payer le maintien de l’emploi, soit il est vraiment en difficulté. Ce qui peut se produire dans une crise comme celle d’aujourd’hu, mais cela ne doit pas exonérer les patrons de leurs responsabilités. Si un patron particulier ne peut vraiment pas payer, c’est le patronat en tant que collectivité ne cessant de se présenter comme un « partenaire social » qui doit le faire.

Il faut donc mettre en place des fonds de mutualisation à la charge exclusive des entreprises dans la logique de l’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des Salariés (AGS), qui permettent de financer le maintien des emplois et, si ce n’est pas possible, le maintien de la rémunération intégrale et des droits des salariéEs, ainsi que les possibilités d’une réelle reconversion, par-delà les aléas de la vie de telle ou telle entreprise. La participation à ces fonds devrait être obligatoire.

Construire le rapport de forces

Licenciements et suppressions d’emplois ne sont pas inévitables. Dans les grands groupes, ils résultent de la concurrence « libre et non faussée » et sont la contrepartie des dividendes des actionnaires et rémunérations exorbitantes des dirigeants, et de la volonté de tous ces gens de les ébrécher le moins possible. Dans les PME, il peut y avoir des difficultés mais, là aussi, les dirigeants et propriétaires veulent préserver leurs avoirs.

Face aux licenciements qui vont déferler, le rapport de forces doit se construire dans l’entreprise chaque fois que c’est possible. Les syndicats doivent essayer d’associer aux mobilisations tous ceux et toutes celles qui dépendent de l’entreprise, y compris les CDD, intérimaires, salariéEs de la sous-traitance ou prestataires.
Mais le rapport de forces se construit aussi hors de l’entreprise. Les salariésE n’ont pas à payer la crise. Il ne faut pas qu’État et patrons puissent se renvoyer la balle.

L’État ne doit pas être la « providence » des capitalistes en faillite. L’interdiction des licenciements et des suppressions d’emplois, c’est une remise en cause du pouvoir patronal sur la société. Un patronat qui nous conduit à la catastrophe sociale et écologique.

Henri Wilno et Robert Pelletier

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Tout licenciement est de la responsabilité du patronat  Voir ?

Une vague énorme de suppressions d’emplois et de licenciements est devant nous. Cette vague a commencé à frapper les USA où, en quelques semaines le taux de chômage est grimpé à 20 %. Certes le chômage a commencé à augmenter en France, mais il est encore camouflé par le chômage partiel dont le gouvernement annonce la limitation.

Le patronat va se sentir autorisé à licencier, d’autant que les milliards d’aides publiques qui sont déversées ne sont pas assortis de conditions pour le maintien de l’emploi. Parfois, les difficultés économiques auront bon dos : certains groupes vont se lancer dans une espèce de meccano pour se restructurer et élaguer des établissements.

Des suppressions d’emplois sous des formes diverses

Les licenciements dits économiques (notamment au regard des PSE – les plans dits sociaux – et autres catégories juridiques) ne constituent qu’une minorité des suppressions d’emplois. Celles-ci vont aussi prendre la forme de fins de CDD et de compressions des effectifs d’intérim. Il y aura aussi des ruptures conventionnelles.

Les formes des suppressions d’emplois peuvent rendre plus ou moins faciles les mobilisations. De plus, malgré les remises en cause des lois travail, il subsiste un écart important entre grandes entreprises et petites. Une bonne partie des suppressions d’emplois auront lieu dans des entreprises où il n’y a pas de syndicats, qui ne sont pas obligées de faire des plans sociaux et, qui, dans le contexte de crise, pourront connaître des difficultés réelles. Nombre de ces entreprises (dans l’industrie, le bâtiment, les services informatiques, le nettoyage…) sont dépendantes des grands donneurs d’ordres.

C’est dans ces conditions difficiles que, dans les entreprises, vont s’engager des luttes pour le maintien des emplois. Le mot d’ordre d’interdiction des licenciements correspond à cette situation où patronat et gouvernement vont faire des salariéEs les variables d’ajustement de la crise.

La nécessité d’une réponse d’ensemble

Les dégâts sociaux engendrés par les licenciements et suppressions d’emplois appellent de la part du mouvement ouvrier, politique, syndical, associatif, la formulation d’une réponse d’ensemble qui soit à même de prendre en compte la totalité des cas, y compris les licenciements individuels dans les petites entreprises. Deux idées sont essentielles.

Première idée : il n’y a aucune raison que les salariéEs pâtissent de choix de gestion dont ils et elles ne sont nullement responsables. Après tout, ce sont les employeurs qui dirigent les entreprises, et c’est le système de profit et de concurrence qui conduit aux ­restructurations et aux destructions d’emplois.
Seconde idée : si la question ne peut être traitée au niveau de l’entreprise, il faut néanmoins que ce ne soit pas les salariéEs qui subissent les conséquences.

Tout engagement de procédure de licenciement, toute suppression d’emplois doit s’accompagner de l’ouverture des « livres de comptes », de la comptabilité, aux représentantEs des salariéEs ou aux organes d’auto-organisation dont ils seront dotés. Livres de comptes du groupe en France et hors des frontières, et pas seulement de l’établissement où doivent avoir lieu les licenciements. À partir de là, deux cas de figure : soit le groupe ou l’entreprise peut payer le maintien de l’emploi, soit il est vraiment en difficulté. Ce qui peut se produire dans une crise comme celle d’aujourd’hu, mais cela ne doit pas exonérer les patrons de leurs responsabilités. Si un patron particulier ne peut vraiment pas payer, c’est le patronat en tant que collectivité ne cessant de se présenter comme un « partenaire social » qui doit le faire.

Il faut donc mettre en place des fonds de mutualisation à la charge exclusive des entreprises dans la logique de l’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des Salariés (AGS), qui permettent de financer le maintien des emplois et, si ce n’est pas possible, le maintien de la rémunération intégrale et des droits des salariéEs, ainsi que les possibilités d’une réelle reconversion, par-delà les aléas de la vie de telle ou telle entreprise. La participation à ces fonds devrait être obligatoire.

Construire le rapport de forces

Licenciements et suppressions d’emplois ne sont pas inévitables. Dans les grands groupes, ils résultent de la concurrence « libre et non faussée » et sont la contrepartie des dividendes des actionnaires et rémunérations exorbitantes des dirigeants, et de la volonté de tous ces gens de les ébrécher le moins possible. Dans les PME, il peut y avoir des difficultés mais, là aussi, les dirigeants et propriétaires veulent préserver leurs avoirs.

Face aux licenciements qui vont déferler, le rapport de forces doit se construire dans l’entreprise chaque fois que c’est possible. Les syndicats doivent essayer d’associer aux mobilisations tous ceux et toutes celles qui dépendent de l’entreprise, y compris les CDD, intérimaires, salariéEs de la sous-traitance ou prestataires.
Mais le rapport de forces se construit aussi hors de l’entreprise. Les salariésE n’ont pas à payer la crise. Il ne faut pas qu’État et patrons puissent se renvoyer la balle.

L’État ne doit pas être la « providence » des capitalistes en faillite. L’interdiction des licenciements et des suppressions d’emplois, c’est une remise en cause du pouvoir patronal sur la société. Un patronat qui nous conduit à la catastrophe sociale et écologique.

Henri Wilno et Robert Pelletier

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(27/05/2020 09h22)

Hôpital Châteauroux-Le Blanc : « Cette colère est due au manque de moyens humains et matériels »  Voir ?

Franck Blanc est brancardier aux urgences sur le site hospitalier de Châteauroux. Ce syndicaliste CGT a accepté de répondre à chaud à quelques-unes de nos questions.

La gestion de crise de l'épidémie de Covid-19 a profondément bouleversé le fonctionnement des structures de santé.
Quels changements d'organisation as-tu observés dans les services du site hospitalier de Châteauroux et quelles ont été les conséquences sur les conditions de travail des soignantEs?

En effet, depuis la crise de l'épidémie le fonctionnement des structures de santé a connu de grands bouleversements, à l'image de la création des « unités Covid » dont la mise en place a été réalisée en catastrophe : nous avions un nombre d'infirmièrEs et d'aide-soignantEs trop bas par rapport à celui des malades. Il faut noter une nette dégradation des conditions de travail avec notamment une modification de la tranche horaire de travail passée à 12 heures sans la consultation des syndicats. Pour certainEs d'entre nous, cela atteignait 13 ou 14 heures ! C'est illégal et doit passer en CTE (comité technique d'établissement). Cette situation a révélé que nous étions démunis numériquement.
Dans cette période inédite, de nombreux services ont fermé, ce qui a entraîné un danger supplémentaire pour les malades atteints d'embolie pulmonaire ou ayant des risques cardiaques par exemple.

La CGT a tout de même réussi à mettre en place tous les mercredis des CHSCT extraordinaires durant cette période.

D'après la direction, une aide-soignante est décédée du Covid-19 et plus d'une centaine de soignantEs ont été contaminés. Peux-tu nous parler de l'état d'esprit des travailleurEs aujourd'hui?

Suite au décès de cette aide-soignante et à la contamination de beaucoup d'agentEs, dont certainEs sont encore hospitalisés ou en convalescence, les agentEs ressentent plutôt de la colère. Même s’il est encore un peu tôt pour faire un constat avec elles et eux, il est clair que cette colère est due au manque de moyens humains et matériels. Nous espérons que cela se traduira par une mobilisation à la hauteur de cette crise qui a mis en lumière la santé de l'hôpital public après 30 ans de régression sociale. Si toutes et tous les agents à Châteauroux, comme partout en France, avaient été équipés de masques et de protections dès le début de l'épidémie, il y aurait certainement eu moins de soignantEs contaminés. Il faut dire qu'il y a eu une sorte d'omerta à l'hôpital ces dernières semaines, mais aujourd'hui les langues commencent à se délier. On ressent à présent de la part des agentEs un besoin de parler.

Evelyne Poupet, la directrice générale de l'hôpital Châteauroux-Le Blanc, a annoncé dans la presse locale que cette crise aura un coût financier et parle même d'une baisse de recettes de 4 millions d'euros. Quelles peuvent être les répercussions de cette situation sur les mois et années à venir?

Cette crise aura un coût financier de 4 millions d'euros dixit Mme Poupet… Cela prouve bien son rôle de directrice qui est plus proche de la Finance que des agentEs !

Bien évidemment, ce déficit se répercutera sur les agentEs avec de nouvelles mesures pour faire encore plus d'économies (pas de création d'emplois, pas de remplacements, pas de nouveaux moyens pour les différents services…). Depuis la fusion de l'hôpital du Blanc avec celui de Châteauroux, une épée de Damoclès se trouve sur l'ensemble des services blancois. On pense notamment au service de chirurgie.

Nous observons depuis quelques jours se développer des Jeudis puis Mardis de la Colère, permettant aux professionnelEs de la santé de reprendre le chemin de la lutte malgré des conditions difficiles pour se mobiliser. Quelles sont aujourd'hui vos revendications et quelles actions envisagez-vous localement?

Nous sommes en train de finaliser nos revendications mais nous demandons déjà une augmentation de salaire de 300 euros pour toutes et tous ainsi que le versement de la prime de 1 500 euros (alors que pour le moment dans l'Indre il ne serait question que de 500 euros), l'embauche massive de soignantEs pour améliorer les conditions de travail et la prise en charge des malades et la réouverture de lits et de services fermés ces dernières années (comme la maternité du Blanc par exemple).

Nous nous rendrons dans un premier temps à la manifestation organisée par l'UD CGT 36, mercredi 27 mai, dans l’optique de déconfiner nos colères. Le mouvement de grève aux urgences, qui avait été mis en sommeil durant le confinement, a repris depuis le 18 mai et nous sommes en train de préparer la grosse mobilisation qui aura lieu le 16 juin prochain.

Franck Blanc

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Hôpital Châteauroux-Le Blanc : « Cette colère est due au manque de moyens humains et matériels »  Voir ?

Franck Blanc est brancardier aux urgences sur le site hospitalier de Châteauroux. Ce syndicaliste CGT a accepté de répondre à chaud à quelques-unes de nos questions.

La gestion de crise de l'épidémie de Covid-19 a profondément bouleversé le fonctionnement des structures de santé.
Quels changements d'organisation as-tu observés dans les services du site hospitalier de Châteauroux et quelles ont été les conséquences sur les conditions de travail des soignantEs?

En effet, depuis la crise de l'épidémie le fonctionnement des structures de santé a connu de grands bouleversements, à l'image de la création des « unités Covid » dont la mise en place a été réalisée en catastrophe : nous avions un nombre d'infirmièrEs et d'aide-soignantEs trop bas par rapport à celui des malades. Il faut noter une nette dégradation des conditions de travail avec notamment une modification de la tranche horaire de travail passée à 12 heures sans la consultation des syndicats. Pour certainEs d'entre nous, cela atteignait 13 ou 14 heures ! C'est illégal et doit passer en CTE (comité technique d'établissement). Cette situation a révélé que nous étions démunis numériquement.
Dans cette période inédite, de nombreux services ont fermé, ce qui a entraîné un danger supplémentaire pour les malades atteints d'embolie pulmonaire ou ayant des risques cardiaques par exemple.

La CGT a tout de même réussi à mettre en place tous les mercredis des CHSCT extraordinaires durant cette période.

D'après la direction, une aide-soignante est décédée du Covid-19 et plus d'une centaine de soignantEs ont été contaminés. Peux-tu nous parler de l'état d'esprit des travailleurEs aujourd'hui?

Suite au décès de cette aide-soignante et à la contamination de beaucoup d'agentEs, dont certainEs sont encore hospitalisés ou en convalescence, les agentEs ressentent plutôt de la colère. Même s’il est encore un peu tôt pour faire un constat avec elles et eux, il est clair que cette colère est due au manque de moyens humains et matériels. Nous espérons que cela se traduira par une mobilisation à la hauteur de cette crise qui a mis en lumière la santé de l'hôpital public après 30 ans de régression sociale. Si toutes et tous les agents à Châteauroux, comme partout en France, avaient été équipés de masques et de protections dès le début de l'épidémie, il y aurait certainement eu moins de soignantEs contaminés. Il faut dire qu'il y a eu une sorte d'omerta à l'hôpital ces dernières semaines, mais aujourd'hui les langues commencent à se délier. On ressent à présent de la part des agentEs un besoin de parler.

Evelyne Poupet, la directrice générale de l'hôpital Châteauroux-Le Blanc, a annoncé dans la presse locale que cette crise aura un coût financier et parle même d'une baisse de recettes de 4 millions d'euros. Quelles peuvent être les répercussions de cette situation sur les mois et années à venir?

Cette crise aura un coût financier de 4 millions d'euros dixit Mme Poupet… Cela prouve bien son rôle de directrice qui est plus proche de la Finance que des agentEs !

Bien évidemment, ce déficit se répercutera sur les agentEs avec de nouvelles mesures pour faire encore plus d'économies (pas de création d'emplois, pas de remplacements, pas de nouveaux moyens pour les différents services…). Depuis la fusion de l'hôpital du Blanc avec celui de Châteauroux, une épée de Damoclès se trouve sur l'ensemble des services blancois. On pense notamment au service de chirurgie.

Nous observons depuis quelques jours se développer des Jeudis puis Mardis de la Colère, permettant aux professionnelEs de la santé de reprendre le chemin de la lutte malgré des conditions difficiles pour se mobiliser. Quelles sont aujourd'hui vos revendications et quelles actions envisagez-vous localement?

Nous sommes en train de finaliser nos revendications mais nous demandons déjà une augmentation de salaire de 300 euros pour toutes et tous ainsi que le versement de la prime de 1 500 euros (alors que pour le moment dans l'Indre il ne serait question que de 500 euros), l'embauche massive de soignantEs pour améliorer les conditions de travail et la prise en charge des malades et la réouverture de lits et de services fermés ces dernières années (comme la maternité du Blanc par exemple).

Nous nous rendrons dans un premier temps à la manifestation organisée par l'UD CGT 36, mercredi 27 mai, dans l’optique de déconfiner nos colères. Le mouvement de grève aux urgences, qui avait été mis en sommeil durant le confinement, a repris depuis le 18 mai et nous sommes en train de préparer la grosse mobilisation qui aura lieu le 16 juin prochain.

Franck Blanc

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(27/05/2020 09h19)

Imposons dès maintenant des mesures d’urgence pour la santé  Voir ?

Les propositions du NPA

• Un plan massif de formation et de recrutement pérenne de 120 000 emplois pour les hôpitaux, et d’un poste par résident dans les EHPAD, financé de manière durable par l’arrêt des exonérations de la part patronale des cotisations sociales, réductions et abattements d’assiettes ;
• Un plan massif de financement du système de santé et sa réorganisation sous le contrôle des professionnels et des patientEs. Cela doit être une priorité immédiate ;
• La réorganisation du système de santé pour faire face aux situations imprévues, assurer la prévention, les soins, le suivi, sans être soumis à des impératifs de rentabilité immédiate, ce qui suppose l’abandon des réformes hospitalières mises en place depuis 2003 et du système de financement calqué sur celui de l’entreprise, ainsi que l’abrogation des plans de retour à l’équilibre ;
’ L’augmentation générale et pérenne des salaires de tous les personnels des hôpitaux et EHPAD de de 300 euros ;
• L’annulation de la dette des hôpitaux ;
• La nationalisation des cliniques et hôpitaux privés et le maintien de l’emploi de leur personnel ;
• La sortie du confinement ne doit pas dépendre de critères économiques mais scientifiques, et les modalités doivent être ­décidées avec la population ;
• Les protections (masques, tenues..), les tests, médicaments et traitements doivent être gratuits et mis à la disposition de tous et toutes ;
• La gratuité totale des soins sans avance des frais doit être prise en charge uniquement par la Sécurité sociale ;
• La réquisition des logements, hôtels, permettant à la fois un hébergement digne et sûr des populations en danger (migrantEs, SDF, précaires...), l’accès à la nourriture, à l’eau potable, à la santé de toutes celles et ceux qui en ont besoin ;
• L’expropriation de l’industrie pharmaceutique ;
• Des moyens à la hauteur des besoins estimés par les chercheurs pour la recherche médicale qui doit porter sur les mesures de prévention des épidémies. L’écologie de la santé, qui étudie le rôle des facteurs environnementaux et la transmission de certaines pathologies doit être développée ;
• Le développement de la prévention et la prise en compte des déterminants de santé (conditions de vie, de travail…). Par exemple interdire les open space dans les entreprises, car ils favorisent la transmission des maladies infectieuses ;
• Un service public de santé dont le pivot serait des centres de soins pluridisciplinaires en lien avec les hôpitaux de proximité qui devrait aussi prendre en charge le 3e âge et la perte d’autonomie à domicile et en établissement ;
La lutte pour la défense du droit à la santé et des revendications ne concerne pas que le personnel hospitalier, elle doit être portée par l’ensemble de celles et ceux qui se sont mobiliséEs chaque soir pour les soutenir, ainsi que par les syndicats, associations, forces politiques, groupes de Gilets jaunes…

Pour se documenter sur la santé, le social, la protection sociale, consulter le site : http://sante-secu-social.npa2009.org/

Commission santé sécu social du NPA

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Imposons dès maintenant des mesures d’urgence pour la santé  Voir ?

Les propositions du NPA

• Un plan massif de formation et de recrutement pérenne de 120 000 emplois pour les hôpitaux, et d’un poste par résident dans les EHPAD, financé de manière durable par l’arrêt des exonérations de la part patronale des cotisations sociales, réductions et abattements d’assiettes ;
• Un plan massif de financement du système de santé et sa réorganisation sous le contrôle des professionnels et des patientEs. Cela doit être une priorité immédiate ;
• La réorganisation du système de santé pour faire face aux situations imprévues, assurer la prévention, les soins, le suivi, sans être soumis à des impératifs de rentabilité immédiate, ce qui suppose l’abandon des réformes hospitalières mises en place depuis 2003 et du système de financement calqué sur celui de l’entreprise, ainsi que l’abrogation des plans de retour à l’équilibre ;
’ L’augmentation générale et pérenne des salaires de tous les personnels des hôpitaux et EHPAD de de 300 euros ;
• L’annulation de la dette des hôpitaux ;
• La nationalisation des cliniques et hôpitaux privés et le maintien de l’emploi de leur personnel ;
• La sortie du confinement ne doit pas dépendre de critères économiques mais scientifiques, et les modalités doivent être ­décidées avec la population ;
• Les protections (masques, tenues..), les tests, médicaments et traitements doivent être gratuits et mis à la disposition de tous et toutes ;
• La gratuité totale des soins sans avance des frais doit être prise en charge uniquement par la Sécurité sociale ;
• La réquisition des logements, hôtels, permettant à la fois un hébergement digne et sûr des populations en danger (migrantEs, SDF, précaires...), l’accès à la nourriture, à l’eau potable, à la santé de toutes celles et ceux qui en ont besoin ;
• L’expropriation de l’industrie pharmaceutique ;
• Des moyens à la hauteur des besoins estimés par les chercheurs pour la recherche médicale qui doit porter sur les mesures de prévention des épidémies. L’écologie de la santé, qui étudie le rôle des facteurs environnementaux et la transmission de certaines pathologies doit être développée ;
• Le développement de la prévention et la prise en compte des déterminants de santé (conditions de vie, de travail…). Par exemple interdire les open space dans les entreprises, car ils favorisent la transmission des maladies infectieuses ;
• Un service public de santé dont le pivot serait des centres de soins pluridisciplinaires en lien avec les hôpitaux de proximité qui devrait aussi prendre en charge le 3e âge et la perte d’autonomie à domicile et en établissement ;
La lutte pour la défense du droit à la santé et des revendications ne concerne pas que le personnel hospitalier, elle doit être portée par l’ensemble de celles et ceux qui se sont mobiliséEs chaque soir pour les soutenir, ainsi que par les syndicats, associations, forces politiques, groupes de Gilets jaunes…

Pour se documenter sur la santé, le social, la protection sociale, consulter le site : http://sante-secu-social.npa2009.org/

Commission santé sécu social du NPA

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(27/05/2020 09h16)

Déconfinement et municipales à Bordeaux : “la colère est toujours là” pour Philippe Poutou  Voir ?

Publié par France Bleu Gironde, propos recueillis par Marie Rouarch. Philippe Poutou, avec la liste "Bordeaux en Luttes", est en lice au second tour des municipales, à Bordeaux. Invité de France Bleu Gironde ce mardi matin, il estime que crise sanitaire ou pas, "la colère, le ras-le-bol, l'envie que ça change" sont toujours là.

France Bleu Gironde : ce mardi, vous serez aux côtés des soignants qui se mobilisent devant le CHU Pellegrin. Parce qu’ils méritent davantage que des applaudissements, c’est aussi ce que vous pensez ?

Philippe Poutou : Plus que des applaudissements, plus que des mercis, on est complètement solidaires de leurs revendications salariales, sur les conditions de travail et sur les recrutements. C’est le problème des services publics de santé qui est posé. On a vu avec la crise sanitaire tout l’urgence qu’il y a à reconstruire un vrai service public de santé, de combattre les logiques de marchandisation, qui ont coûté très cher aux hôpitaux. Il faut vraiment une politique qui donne des moyens et ça passera par des batailles sociales. 

Édouard Philippe a promis lors du lancement du "Ségur de la santé", ce lundi, des investissements massifs pour l'hôpital public, vous y croyez ?

Bien sûr que non. La situation a montré l’extrême urgence des problèmes. Là on parle du système de santé, mais on pourrait discuter de l’ensemble des services publics puisqu’il y a une destruction depuis des années et des années, le gouvernement actuel n’en est pas le seul responsable. Aujourd’hui il faut tout reconstruire.

Les services publics, vous en aviez fait un élément phare de votre campagne pour les municipales à Bordeaux. Vous êtes qualifié pour le second tour, qui aura lieu le 28 juin, sauf regain de l’épidémie de coronavirus. Pourtant c’est une date qui ne vous convient pas…

On ne voyait pas l’intérêt de reprendre la campagne dès le mois de juin, on est toujours en pleine crise sanitaire. On sait qu’on ne pourra pas mener une campagne de terrain comme d’habitude que ce soit des réunions publiques, des tractages. On pensait qu’il valait mieux attendre la rentrée, en septembre-octobre. Maintenant la date est fixée. Est-ce que c’est risqué, est-ce que c’est raisonnable ou pas ? On verra bien. Mais on va mener la bataille parce que c’est important que cette municipale aille au bout. Des questions politiques sont posées, les problèmes d’urgence sociale, de services publics, de redistribution des richesses et de démocratie. Il faut que la population ait les moyens de décider.

Ce mois qui s’annonce avant le second tour, comment est-ce que vous l’envisagez ?

Evidemment s’il y a des mobilisations, comme devant le CHU, ça nous permet, en les appuyant, en les relayant, de militer comme on milite au quotidien, de condamner cette société d’injustice et d’exploitation. Ces mobilisations nous permettent de faire campagne un peu comme au premier tour en février-mars, avec la mobilisation contre la réforme des retraites. Après, on imagine bien que l’essentiel de la campagne se passera sur les réseaux sociaux et à travers les médias. On fera ce qu’on pourra pour se faire entendre mais ce qui est sûr c’est qu’on est motivé parce que la colère est toujours là, le ras-le-bol, l’envie que ça change. 

La période de crise sanitaire vous a-t-elle amené à aménager votre programme pour le second tour des municipales ?

De fait, il se réoriente un peu. La crise sanitaire a montré que l’action était plus urgente qu’on pouvait le penser. On l’a vu surtout au début du confinement, les questions d’alimentation, les questions d’hygiène, les populations précaires se sont retrouvées complètement démunies. Et aujourd’hui, c’est la question de la culture, puisque les concerts, les théâtres sont fermés. Tout ce qu’on posait au premier tour est toujours là aujourd’hui.

Philippe Poutou

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Déconfinement et municipales à Bordeaux : “la colère est toujours là” pour Philippe Poutou  Voir ?

Publié par France Bleu Gironde, propos recueillis par Marie Rouarch. Philippe Poutou, avec la liste "Bordeaux en Luttes", est en lice au second tour des municipales, à Bordeaux. Invité de France Bleu Gironde ce mardi matin, il estime que crise sanitaire ou pas, "la colère, le ras-le-bol, l'envie que ça change" sont toujours là.

France Bleu Gironde : ce mardi, vous serez aux côtés des soignants qui se mobilisent devant le CHU Pellegrin. Parce qu’ils méritent davantage que des applaudissements, c’est aussi ce que vous pensez ?

Philippe Poutou : Plus que des applaudissements, plus que des mercis, on est complètement solidaires de leurs revendications salariales, sur les conditions de travail et sur les recrutements. C’est le problème des services publics de santé qui est posé. On a vu avec la crise sanitaire tout l’urgence qu’il y a à reconstruire un vrai service public de santé, de combattre les logiques de marchandisation, qui ont coûté très cher aux hôpitaux. Il faut vraiment une politique qui donne des moyens et ça passera par des batailles sociales. 

Édouard Philippe a promis lors du lancement du "Ségur de la santé", ce lundi, des investissements massifs pour l'hôpital public, vous y croyez ?

Bien sûr que non. La situation a montré l’extrême urgence des problèmes. Là on parle du système de santé, mais on pourrait discuter de l’ensemble des services publics puisqu’il y a une destruction depuis des années et des années, le gouvernement actuel n’en est pas le seul responsable. Aujourd’hui il faut tout reconstruire.

Les services publics, vous en aviez fait un élément phare de votre campagne pour les municipales à Bordeaux. Vous êtes qualifié pour le second tour, qui aura lieu le 28 juin, sauf regain de l’épidémie de coronavirus. Pourtant c’est une date qui ne vous convient pas…

On ne voyait pas l’intérêt de reprendre la campagne dès le mois de juin, on est toujours en pleine crise sanitaire. On sait qu’on ne pourra pas mener une campagne de terrain comme d’habitude que ce soit des réunions publiques, des tractages. On pensait qu’il valait mieux attendre la rentrée, en septembre-octobre. Maintenant la date est fixée. Est-ce que c’est risqué, est-ce que c’est raisonnable ou pas ? On verra bien. Mais on va mener la bataille parce que c’est important que cette municipale aille au bout. Des questions politiques sont posées, les problèmes d’urgence sociale, de services publics, de redistribution des richesses et de démocratie. Il faut que la population ait les moyens de décider.

Ce mois qui s’annonce avant le second tour, comment est-ce que vous l’envisagez ?

Evidemment s’il y a des mobilisations, comme devant le CHU, ça nous permet, en les appuyant, en les relayant, de militer comme on milite au quotidien, de condamner cette société d’injustice et d’exploitation. Ces mobilisations nous permettent de faire campagne un peu comme au premier tour en février-mars, avec la mobilisation contre la réforme des retraites. Après, on imagine bien que l’essentiel de la campagne se passera sur les réseaux sociaux et à travers les médias. On fera ce qu’on pourra pour se faire entendre mais ce qui est sûr c’est qu’on est motivé parce que la colère est toujours là, le ras-le-bol, l’envie que ça change. 

La période de crise sanitaire vous a-t-elle amené à aménager votre programme pour le second tour des municipales ?

De fait, il se réoriente un peu. La crise sanitaire a montré que l’action était plus urgente qu’on pouvait le penser. On l’a vu surtout au début du confinement, les questions d’alimentation, les questions d’hygiène, les populations précaires se sont retrouvées complètement démunies. Et aujourd’hui, c’est la question de la culture, puisque les concerts, les théâtres sont fermés. Tout ce qu’on posait au premier tour est toujours là aujourd’hui.

Philippe Poutou

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(27/05/2020 09h15)

Dernière mise à jour : 28/05/2020 09h09

 
 
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